Folklore, nouvelles de Charles Duttine

folklore essai

Charles Duttine a suivi des études à la Sorbonne. Son engagement dans l’écriture est récent et il a fait le choix du genre de la nouvelle. Il enseigne les lettres et la philosophie à Paris. Il rédige également des articles, plusieurs d’entre eux ont été diffusés sur le site de Bloganozart (La Couleur en fête chez Karel AppelL’âme de la photographie – Le Secret de la chambre noire de K. Kurosawa…). Plus récemment son article L’œil dilaté d’Alfred est paru dans la revue Bloganozart n°6.

Son recueil de nouvelles Folklore est disponible en souscription sur le site de La P’tite Hélène Editions jusqu’à la fin du mois de novembre 2017.

Revisiter les mythes et les légendes : Extrait de la Préface

« Il était une fois les mythes et les légendes. Ces réminiscences datent de plus de mille ans. Notre mémoire est encombrée de ces étranges références. Même si nous ne les connaissons pas avec précision, ces souvenirs millénaires nous accompagnent. Qu’ils s’appellent légendes, mythes ou fables, nous nous débattons depuis toujours au milieu d’eux. Ils nous ont imprégnés et façonnés. Sans le savoir, nous pensons, nous agissons à travers eux.

Eurydice, je l’ai rencontrée un jour sur un quai de métro ou d’un train de banlieue. De son profil juvénile, néanmoins altier, exsudait un  plein de gravité. Son Orphée l’accompagnait ; et pour chacun deux, une part d’ombre et de tragique. Leur histoire que l’on pressentait, semblait les conduire vers une fin funeste. Et je me suis dit que l’Eurydice d’autrefois, celle de la mythologie, vivait encore parmi nous, à travers cette jeune femme entre-aperçue. »

Extrait de la nouvelle : « Le Tartare ou quelques jours dans la vie d’Eurydice »

« Quand je dis que je viens des Tarterons, je vois souvent le visage de mes interlocuteurs faire la grimace. La réputation de cette cité, je l’ai rapidement apprise avec les autres.  (…) Et quand je prononce le nom des Tarterons,  j’ai aussi un goût d’amertume à la bouche. Dans ce mot, je devine quelque chose d’infernal. Le Tartare, c’était une partie de l’enfer dans la mythologie grecque. Moi qui m’appelle Eurydice, qui porte ce prénom si rare et si mystérieux en même temps, je ne peux m’empêcher de penser à l’autre Eurydice, celle qui a fini pétrifiée au fond des enfers. Elle n’aurait jamais dû être regardée par son amoureux, Orphée, lorsqu’il voulut la conduire en dehors de ces lieux souterrains. Ce nom des Tarterons pèse sur ma petite personne. J’ai une vague intuition qu’un destin terrible m’attend… »

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Retrouvez d’autres textes de Charles Duttine notamment

sur le site Short Editions

dans la revue L’Ampoule n°22 (mars 2017)

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