Le Cercle Blanc de Nora Robert

 

Il y a quelques semaines, je terminai ma lecture du Cercle Blanc de Nora Robert (The Circle – 2006) qui, s’appuyant sur un thème universel – la lutte du bien contre le mal – raconte comment six personnes de mondes, d’époques et de natures différentes, s’unissent pour vaincre la reine des vampires Lilith, qui souhaite étendre son pouvoir et ainsi plonger l’univers dans le chaos.

L’union : une puissance universelle

Par une nuit de tempête, Hoyt Mac Cionaoith, sorcier du XIIe siècle, se dresse contre Lilith qui vient de transformer son frère jumeau Cian. Celui-ci chute du haut des falaises où se déroule la scène. Peu de temps après, la déesse Morrigan rend visite à Hoyt et lui confie la délicate mission, non pas de sauver le monde mais les mondes ! Il doit pour cela réunir un cercle de six personnes dont il ignore tout mais le hasard ou les dieux font bien les choses…

Acceptant sa mission, il se retrouve soudain projeté au XXIe siècle grâce à un portail où il retrouve son vampire de frère qu’il croyait perdu, âgé de près de mille ans.

Légère distorsion du temps en effet : Cian a continué à vivre depuis le XIIe siècle tandis qu’Hoyt a disparu de son monde par enchantement.

Leurs retrouvailles d’abord difficiles poseront en fin de compte les bases d’un cercle uni. De New York dont ils partent avec Glenna, la sorcière rencontrée en songe, et King le fils adoptif de Cian, ils se rendent en Irlande où Cian, après tout ce temps, a réussi à racheter et conserver la maison familiale des Mac Cionaoith. Pas si détaché que ça ce vampire… Ils en font leur base.

Ils seront bientôt rejoints par Moïra future reine de Geall et son cousin changeforme Larkin venus d’un royaume parallèle, et de Blair la chasseuse de vampire lointaine parente d’Hoyt et Cian.

Tout au long du récit, ils apprennent à se connaître et s’entraînent pour le combat apocalyptique à venir.

Nora Roberts choisit comme fil conducteur à sa trilogie, les relations amoureuses que les personnages développent progressivement :

  • Dans le tome 1 La Croix de Morrigan: Glenna et Hoyt en se rapprochant font éclore toute la puissance de leurs pouvoirs magiques et scellent le sort du cercle.
  • Dans le tome 2 La danse des dieux : Blair et Larkin brisent leurs carapaces de faux durs et n’en deviennent que meilleurs combattants.
  • Dans le tome 3 La Vallée du silence: la délicate histoire de Moïra & Cian soulève la notion de sacrifice et nous amène à la conclusion du récit.

L’auteur met en exergue l’importance des racines, des sentiments tels que l’amitié et l’amour, l’appartenance à un groupe, la défense de valeurs qui nous tiennent à cœur.

Une histoire un peu cliché mais efficace

On reprochera à la trilogie son côté trop facilement divertissant : une recette recyclée – la vision manichéenne du monde et l’enjeu un peu léger de le sauver de la destruction –, le vampire – l’une des créatures les plus exploités dans le cinéma et la littérature des années 2000 – et cette fois-ci rien de vraiment innovant, la reprise de clichés tel que le nom très usité de Lilith.

Dommage que la bataille, après des centaines de pages de préparation, se déroule si vite.

L’acceptation de Hoyt du fait de ne plus revoir ni ses parents ni ses sœurs laissés seulement quelques mois auparavant, est assez mal amenée.

Choisir d’orienter chaque tome sur deux personnages en particulier est discutable car certains personnages ne sont pas assez creusés.

Malgré une introduction longue et quelque peu ennuyeuse (selon moi), on appréciera l’efficacité avec laquelle l’auteur parvient finalement à nous plonger dans l’histoire et à nous rendre avide de connaître la suite, le tout dans un cadre folklorique irlandais qui fait la part belle au gaélique (un lexique est disponible à la fin des livres).

Un autre point positif réside dans le mélange des genres : fantasy, bit lit, un soupçon de roman sentimental, parsemés de clins d’œil à un monde moderne qui ressemble assez au nôtre (dans les années 2000) avec la musique de Greenday, la série Buffy contre les vampires ou encore le coca-cola.

De nombreux flash-back insérés avec pertinence permettent de saisir certains tenants et aboutissants, du parcours des personnages millénaires Cian et Lilith notamment.

Les indices laissant présager de la suite sont distillés avec soin. Je pense notamment au narrateur qui apparaît à la fin du premier tome. Mais qui est-il ? Je vous laisse le découvrir par vous-même.

Elise Vincent

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