ART APART, une exposition vue par Bloganozart

Bloganozart a rencontré Juliette Aubert et son collectif de photographes à l’occasion de l’exposition ART APART le vendredi 1er mars 2013.

Nous nous rendons dès notre arrivée autour de la table de l’iconographe (collection de la Galerie Juliette Aubert) et écoutons avec attention les explications, l’origine et les projets du collectif de Juliette Aubert.

Le collectif a deux ans d’existence, quatre expositions à son actif  et toutes en appartement.

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Christian Tronquet a présenté un travail photographique marqué par les souvenirs de son enfance, un triptyque où se mêlent la vie, la mort et la religion.

L’artiste, originaire de Bressuire, ville dans laquelle a été implanté un abattoir dès la fin du XIXe siècle, est influencé par ce lieu puisque imprégné depuis tout petit. Certains membre de sa famille y ont travaillé.

Pendant notre entretien avec les exposants, nous apprenons que dans l’après-midi est venu Monsieur J. qui n’est autre que le fils du bouvier qui apparaît dans l’une des photographies, un moment émouvant pour Juliette Aubert, organisatrice de l’évènement.

Lors de notre visite, nous avons pu également apprécier  plusieurs photographies de Florian Gautier  issues de ses séries « Chiens », « Malaisie » et « Evanescence ».

Le spectateur avec la série « Evanescence » est confronté au monde de la nuit.

 » J’ai commencé à photographier le monde la nuit à la suite de ma rencontre avec Jean. Ce dernier expatrié en Afrique puis en Asie, a été le catalyseur et l’archétype d’un monde que j’ignorais. Un monde fantomatique et cynique où les règles sont souvent à l’image des personnages rencontrés : des marginaux, des femmes vénales, des solitudes à la dérive. La sensation que tout est possible jusqu’au petit matin, où chaque chose reprend sa place. La nuit est belle mais cruelle, voilà pourquoi elle me fascine. » (Florian Gautier)

Dans la création photographique de  Stéphane Aubert se retrouve essentiellement le sujet du bunker qui le suit depuis plus de vingt ans. « Cicatrices de guerre, traces de la folie de l’homme, j’ai réalisé des portraits de ces bunkers qui avec le temps prennent des formes étranges ou familiaires. Ces « forteresses du dérisoire », comme les appelle Paul Virilio, interpellent notre conscience et notre imaginaire ». (Stéphane Aubert)

C’est au cours de balades, sur les plages normandes notamment que l’artiste photographie « les vestiges de l’histoire », dit-il. Les formes de ces éléments, les bunkers, façonnées par l’érosion l’intéressent.

Pendant que le photographe explique son travail autour de la table de l’iconographe, une personne intéressée s’exclame : « C’est archaïque et futuriste à la fois! »

Holly Malinowski a pris le temps de nous expliquer la technique qu’elle utilise, l’oléotypie, technique datant de la fin du XIXe siècle et qui disparut avec l’arrivée du négatif ( technique basée sur un système d’empreinte et proche de la lithographie).

« For a song », photographie de Gérald Chabaud est « l’instant d’une chanson où les regards se croisent, se mêlent et s’entrechoquent. » (G.C.)

Ce qui compte pour l’artiste, c’est l’instant, la spontanéité, l’impulsion, la pulsion de vie.

« Pure, vraie et sans artifice, une bonne photo se fait avec le coeur et avec ce qui nous tient éveillé. Quand le déclenchement n’est qu’impulsion, alors la photo sera peut-être bonne. » (G.C.)

Juliette Aubert a exposé des oeuvres très colorées et lumineuses.

« L’Homme laisse son empreinte pour signifier sa présence. Ces traces nous montrent quelque chose, quelqu’un qui a été mais qui n’existe peut-être plus. C’est le témoignage de la vie mais aussi de la mort. Je capture les images avec ma boîte magique et je m’en émerveille chaque jour. » (J.A.)

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Toutes les photographies présentées lors des expositions organisées par Juliette Aubert sont en vente en tirage d’art, numérotées et signées de la main de l’artiste.

L’organisatrice a pour ambition la réappropriation du mot convivialité d’où le choix d’exposer chez des particuliers ou dans des lieux insolites, ces espaces facilitant les échanges.

 L’association Bloganozart est heureuse d’avoir découvert ces six photographes et a eu le plaisir de s’entretenir avec certains d’entre eux.

Un travail de qualité. Un collectif à suivre.

(Les citations sont extraites du document fourni lors de l’exposition par la galerie Juliette Aubert.)

www.galeriejulietteaubert.com

 L’association Bloganozart,

Elise Vincent/Déborah Vincent

3 mars 2013

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